6 ème biennale d'Art Sacré Actuel
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La 6ème biennale d’art sacré actuel s’est tenue du 18 mai au 18 juin 2006... “L’homme debout” L’homme debout, dans la lumière Au terme d’une étape décisive, sur le long cours de l’humanisation, probablement encore inachevée, un animal, déjà vivant sur terre, est parvenu à accéder à la station verticale, bipédique, stable et définitive, à la différence de tous les autres, désigné sous le nom de l’homo erectus, l’homme debout précisément. Posture à l’origine de tous les progrès subséquents : différenciation des membres inférieurs et supérieurs, les pieds et les mains ; augmentation du volume de la boîte crânienne ; apparition, en son temps, de l’homo faber, l’homme artisan après qu’il eût maîtrisé le feu dont la flamme verticale, elle aussi, bien posée sur terre, sur le foyer, s’élance vers le haut, indéfiniment ; elle a pu dire à l’homme, symboliquement, que lui également allait de la terre, du sol, vers le haut, vers le ciel ; et enfin, accession à la stature de l’homo sapiens. Ainsi, par l’accès à la sagesse, l’homme chasseur a acquis la possibilité de devenir également cultivateur, de tirer la nourriture du sol cultivé, Gn.2,5 ; 7,2 ; 5,29 ; 8,20 ; l’homme tailleur de pierres, la possibilité de devenir bâtisseur de maisons, de villes, de temples, de rues, urbaniste, Gn.11,3 ; l’homme, habité par la peur face aux menaces redoutables du cosmos, la possibilité de devenir en plénitude un homme libéré, debout, capable de gérer et de commercialiser l’agriculture, d’organiser la vie politique, Gn. 1,28 ; 9,1 ; Sg.9,2-3 ; Lc.17,28-29 et, même, capable de passer, intellectuellement, de « l’ici » à « l’ailleurs »… aux limites universelles et cosmiques ; de passer du « maintenant » à la durée historique et encore vers l’au-delà de celle-ci ; l’artisan peut devenir artiste ; le penseur, savant et tout homme, croyant et religieux, Ro.1,19s. Bien loin d’être pure utopie, d’un rêve surréaliste d’un paradis perdu, l’âge d’or initial, ces lignes expriment, sans doute sous le mode de balbutiement, des réalités qui appartiennent à la lente genèse de la nature humaine, c’est-à-dire au projet, historiquement réalisé du Créateur : unique, présent à tous les univers visibles et invisibles, sans cesser d’être également présent au-delà du temps et de tous les temps… Aux esprits forts, blasés, qui seraient tentés de rejeter ces réalités – ou d’en différer la lecture à plus tard, cf. Ac. 17,32 – parce qu’elles n’offrent point d’outils intellectuels efficaces pour rencontrer les cultures contemporaines, nous opposons, nous, l’attitude biblique, bien souvent exprimée, en particulier par les psalmistes et les sages, d’émerveillement devant la sublime grandeur de l’homme debout, Ps.8,6 ; Si.17,1-4 ; Sg.2,23 ; émerveillement qui devient prière d’action de grâces : « Je te rends grâces pour tant de mystères ... prodige que je suis, prodige que tes œuvres. » Ps. 139,14. En ce temps présent d’oppression culturelle sécularisée, médiatisée, prégnante, voire écrasante ! il est tonique, voire urgent, de respirer l’air vivifiant de la Révélation biblique et de la Foi chrétienne. (Voir, dans la catalogue, l’article de R. Beauvery) Appelé à rejoindre son humanité L’art contemporain aurait plutôt, depuis de nombreuses années, tendance à montrer la face destructurée et destructurante de l’homme. Sous prétexte de montrer la réalité, on exhibe le négatif humain, sa déchéance. C’est comme si l’on invitait le spectateur à voir en creux la grandeur de l’humanité. Nous n’avons pas privilégié cette approche qui demeure néanmoins respectable. Nous avons d’emblée misé sur les œuvres positives qui montrent comment l’homme est grand dans sa dignité. Animal dans sa biologie, il transcende cet aspect par l’expression de ses sentiments hautement spirituels. L’homme, et c’est en cela son mystère, n’est pas qu’une suite de connexions nerveuses, il est capable de pensées, de rêves, d’imagination, de projets… qui dépassent largement ses instincts. L’homme est homme quand il ajuste ses besoins fondamentaux selon des visées qui expriment le profond de son âme. Nous dirons alors qu’il tient debout.Autrement dit, refusant d’alimenter la désespérance ambiante qui voudrait ne voir dans l’homme qu’un être défait, nous souhaitons l’établir dans toute sa grandeur. L’homme est debout, sans cesse invité à grandir en humanité. (Voir, dans le catalogue, l’article de M. Durand)
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